Jean Pierre Bourquin
1992, Gilbert Lascault


Gilbert Lascault, 1992
____________________________

De sa main de soie...
Pour Jean-Pierre Bourquin, la peinture est une enjôleuse, une apprivoiseuse, une ensorceleuse. Elle cherche les vents qui circulent, les nuages migrateurs, les pluies incertaines, la lune à demi dévoilée, les bambous esquissés, les feuilles et les fruits ébauchés.
La peinture serait une errance arrêtée, un vagabondage immobilisé, une odyssée toujours recommencée, un nomadisme stable, un déplacement restauré. Elle inventerait des instants parfaits, des événements déterminés, des avatars accomplis, des occasions idéales. Elle réaliserait des chances imprévues.
Dans des jardins abandonnés, dans des vergers sauvages, dans des herbages barbares, dans des savanes inconnues, dans des paradis retirés, dans des îles oubliées, dans des marais perdus, la peinture flâne.
La peinture et le végétal utopique se séduisent, s'aguichent, flirtent, devisent, se divertissent. Ils lancent des oeillades pareilles aux vagues d'automne.
De sa main de soie, la peinture cueille des plantes primordiales.