Jean Pierre Bourquin
2004, Marie Le Floch


Marie Le Floch, 2004
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Au travers de ses évolutions successives, le travail de Jean-Pierre Bourquin reste marqué par le signe et la matière.

Le signe, aujourd'hui, tend vers l'abstraction, en rupture avec la forme végétale qui s'imposait encore jusqu'à l'année dernière, souvent cerclée de noir, de plus en plus libre, sauvage.

Tantôt reposé, plus dépouillé, parfois graphique, le signe surgit, ténu, comme un motif qui raye la toile ou émerge de dessous la peinture, source lumineuse chargée de couleurs, écriture vigoureuse matinée de poésie.

Tantôt la forme, débarrassée de l'évocation, devient masse, architecture, rupture.

La matière est toujours présente mais n'a plus recours à l'adjonction de papier marouflé ou de sable coloré. C'est la peinture seule qui, par des aplats fabriqués de couches successives, souvent noires - un noir qui ne souligne plus mais nappe - acquiert une densité palpable, une profondeur parfois abyssale. Ce grand coloriste, par sa charge de peinture, ses audaces de rapprochement et recouvrement, aguerrit notre regard à une chromatique imaginaire.

Chaque oeuvre est un jeu de construction/déconstruction, un exercice d'équilibre entre le puissant et le fragile, une hésitation entre une attitude excessive, voire hédoniste, et une rigueur presque taiseuse, sage.

Esthétisme? L'artiste, lui-même, ose le mot: beauté, qui, seule, hors de tout discours, l'intéresse dans l'art.

Marie Le Floch, 2004
exposition personnelle, Galerie Courant d'Art, Paris